Poésie (et vérité ?)
2. La poésie
Lanalyse des relations entre forme et signification
permettra de faire saisir aux élèves la spécificité du
travail poétique sur le langage. En situant les textes étudiés
à lintérieur des mouvements littéraires qui les ont
influencés, on fera discerner les continuités et les
évolutions qui ont marqué lhistoire de la poésie.
Corpus : un recueil de poèmes ou un groupement de textes
poétiques (du XVIème siècle à nos jours), au choix du
professeur.
Perspectives détude : connaissance des genres et des
registres ; approche de lhistoire littéraire et culturelle
; réflexion sur lintertextualité et la singularité des
textes.
Le Slam
Grand Corps Malade
Les Paroles
J'ai rencontré la
poésie, elle avait un air bien prétentieux
Elle prétendait qu'avec les mots on pouvait traverser les cieux
J'lui ai dit j't'ai d'jà croisée et franchement tu vaux pas
l'coup
On m'a parlé d'toi à l'école et t'avais l'air vraiment relou
Mais la poésie a insisté et m'a rattrapé sous d'autres formes
J'ai compris qu'elle était cool et qu'on pouvait braver ses
normes
J'lui ai d'mandé tu penses qu'on peux vivre ensemble ? J'crois
qu'j'suis accroc
Elle m'a dit t'inquiêtes le monde appartient à ceux qui rêvent
trop
(Rencontres)
On arrive comme un accident dans des endroits insolites
Tu nous verras souvent en groupe, on vient rarement en soliste
Et même si tu restes à l'abri, il faut jamais que tu t'emballes
Tu peux subir à tout moment, un attentat verbal
Maintenant tu sais qui c'est, ces mecs chelous qui viennent
raconter leur vie
C'est elle, c'est lui, c'est nous, on vient même si t'as pas
envie
Mais t'écoutes un tout petit bout, p't'être bien que t'en
sortiras ravi
Et ça c'est important pour nous, c'est grâce à ça qu'on se
sent en vie.
(Attentat verbal)
Jules
LAFORGUE portrait et
textes
Voilà qui pourrait faire l'objet d'une réflexion, ou d'un commentaire :
Pour parler vulgairement, je
dirai que le poète doit être un entremetteur : il
ménage des rencontres de mots comme la tenancière d'une
agence matrimoniale favorise les unions de personnes. Le
difficile, c'est de déceler, entre deux réalités,
entre les mots qui les désignent, d'authentiques
affinités (encore que, parfois, très subtiles), et ce,
afin que réunis, accolés, les mots aient du plaisir à
être ensemble; qu'ils semblent, au lecteur, fait l'un
pour l'autre et mieux, qu'on ne puisse plus les imaginer
séparés. Les Surréalistes ont cru à tort qu'il suffisait d'associer les mots qui leur venaient à l'esprit ou qu'ils tiraient d'un chapeau, pour que l'éclair jaillît, que la vérité cachée se fît jour, et c'est pourquoi (Roger Caillois dit très bien cela dans Les Impostures de la poésie) tant de "poèmes" surréalistes nous donnent le sentiment de la gratuité, tant d'entre eux sont morts-nés : aucune exigence intérieure, aucune nécessité ne gouvernant, ne justifiant les rapprochements qui furent faits. Il va de soi qu'une telle conception de la poésie où le temps ne compte pas (comme le voulait Rilke), où l'on a le souci d'entrer en résonance avec le lecteur, jusque dans sa physiologie, jusqu'à la source de ses nostalgies, le souci encore de lui dessiller les yeux et, au-delà, de développer sa révérence à l'égard du réel, une telle conception est parfaitement inactuelle, désuète -de même que l'était, toutes proportions gardées, la peinture de Balthus en son siècle. Elle ne vaut que pour moi et je n'entends pas susciter des émules. Mais croire que l'on peut toucher, éclairer, éblouir, quand on accole des mots qui, de quelque façon qu'on l'envisage n'ont rigoureusement rien à se dire -en allant à la ligne pour bien signifier au lecteur que l'écrit a le statut de poème (lequel se doit d'être "éclaté")-, c'est faire preuve de présomption, de fatuité. De quelque paresse aussi. François Solesmes |
Un bon poète n'est pas plus
utile à l'Etat qu'un bon joueur de quilles. [François de
Malherbe]
Queneau
: exercices de syle et poésie mathématiques
Paul
ÉLUARD poèmes pour la paix
Anthologie
sonore de poésie française (nécessite Quictime si vous
voulez entendre) Télécharger Quicktime
La Maison du Berger
des Destinées d'Alfred de Vigny
Mais toi, ne veux-tu
pas, voyageuse indolente,
Rêver sur mon épaule, en y posant ton front ?
Viens du paisible seuil de la maison roulante
Voir ceux qui sont passés et ceux qui passeront.
Tous les tableaux humains qu'un Esprit pur m'apporte
S'animeront pour toi, quand, devant notre porte,
Les grands pays muets longuement s'étendront.
Nous marcherons
ainsi, ne laissant que notre ombre
Sur cette terre ingrate où les morts ont passé ;
Nous nous parlerons d'eux à l'heure où tout est sombre,
Où tu te plais à suivre un chemin effacé,
A rêver, appuyée aux branches incertaines,
Pleurant, comme Diane au bord de ses fontaines,
Ton amour taciturne et toujours menacé.