Naissance world building

En haut du naissance world building, une foule énorme.

L'immeuble fait 150 ans de hauteur.

Derrière la foule, de grands pals s'avancent, empalant les derniers à accepter de s'élancer dans le gouffre qui s'annonce devant.

Les premiers à le faire ont été les prématurés.

Quelques uns se sont empalés dès le départ sur les grands pals qui bordent la terrasse.

Avant de s'élancer du bord, chacun aperçoit la forêt de pals de différentes tailles qui monte du sol.

Il essaie de calculer lequel sera pour lui.

En franchissant la bordure, il pousse son cri primal.

L'angoisse existentielle s'estompe cependant rapidement.

Elle fait place à la fameuse ivresse des profondeurs provoquée par l'afflux d'oxygène au cerveau.

Au bout de cinq ans de chute, la plupart cessent d'essayer de savoir quel pal leur est destiné.

Quelques-uns déjà se sont empalés.

Surtout parmi ceux du continent africain.

En majorité victimes du fameux "sida point", les pals marqués de rouge.

Pendant la chute, pas si interminable que ça, on voit des choses extraordinaires :

beaucoup rient.

Certains pleurent parce qu'ils ont leur culotte mouillée.

D'autres réclament un morceau de chocolat.

Plus bas d'autres pédalent sur leur bicyclette, quelques-uns mêmes se sont empalés avec elle, les fameux accidentés des deux roues.

D'autres s'embrassent.

Certains, et même beaucoup font l'amour, espérant ainsi se retrouver sur la terrasse.

Ils s'apercoivent rapidement que seule une petite partie de leur gros ventre a réussi à regagner la plate-forme des naissances.

Mais c'est quand même un plaisir de se retourner vers le haut et de contempler son enfant qui tombe au dessus de soi.

Malheureusement, un ou deux qui ne regardent pas en traversant se sont déjà empalés.

D'autres regardent en dessous.

Avec un peu de chance, ils aperçoivent leurs parents qui approchent du grand mur de pals qui tapisse le sol.

Ils les voient essayer d'éviter désespérément les pals un peu plus hauts qui se présentent, de plus en plus nombreux.

C'est un spectacle pénible.

Vivement que ce soit fait.

Ça nous gâche le vie.

Cette attente.

D'autres sont plus philosophes, mangent des glaces, jouent aux cartes, regardent la télévision.

Le plaisir des plaisirs, ce sont les courses de voitures, ou les faits divers, quand ils voient que d'autres, des champions, ou des voisins, se sont empalés avant eux.

Parfois, on en aperçoit un ou deux qui tombent en hurlant leur trouille.

Pourquoi il crie comme ça, Maman ?

Ne fais pas attention, mon garçon, c'est un fou.

On va le soigner, lui bander les yeux.

Malheureusement certains, plus conscients que d'autres continuent de crier, même les yeux bandés, ce sont les fous furieux.

Tiens regarde, celui-là, tout un groupe le pousse sur le pal.

Ce n'est que justice, il a empalé un de ses amis il y a peu de temps.

Et ceux-là, en uniforme ?

Ce sont des empaleurs autorisés.

Ont leur remet des médailles quand ils on échappé aux pals de leurs adversaires.

On pose même quelquefois une médaille sur leur pal sanglant quand ils ont été héroïques.

Et ceux-là, avec une épée au côté ?

Ce sont les immortels, ils font un dictionnaire en attendant de se faire empaler.

Et ceux-là, avec un fusil au bras.

Ceux-là, ils empalent les animaux, ou parfois, par erreur, quelque membre de leur famille.

Et tous ces gens qui s'agitent par milliards ?

Ils vont, ils viennent, des pals nulle nouvelle.

 

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