RUY BLAS
voir
Hugo et le théâtre espagnol dans Hernani et Ruy Blas
Le Palais royal, à Madrid
Danaé,
tableau du Titien, se trouve au musée du Prado, à Madrid
Sarah Bernardt : la reine dans Ruy Blas en 1897, sa
voix dans Phèdre, de Racine
voir : Les Mémoires de Saint-Simon , Hugo a pu y
puiser de nombreux détails pour écrire Ruy Blas avec un
petit décalage : Philippe V est le successeur de Charles II.
Acte 2 scène 1 : la reine prisonnière, cela implique la nécessité d'un libérateur, Ruy Blas va tenter de jouer ce rôle, nous rejoignons ici le schéma de beaucoup d'histoires, y compris celui des romans de chevalerie ( voir Lancelot, ou Le chevalier à la charrette)
Don Guritan est une sorte de Matamore :
Cela veut dire,
Comte, qu'il sort de l'eau du puits quand on en tire;
Que le soleil se lève à quatre heures demain;
Qu'il est un lieu désert et loin de tout chemin,
Commode aux gens de coeur, derrière la chapelle;
Qu'on vous nomme, je crois, César, et qu'on m'appelle
Don Gaspar Guritan Tassis y Guevarra, ..
Matamore
Mon armée ! ah poltron ! ah
traître ! pour leur mort
Tu crois donc que ce bras ne soit pas assez fort !
Le seul bruit de mon nom renverse les murailles,
Défait les escadrons et gagne les batailles ;
Mon courage invaincu contre les empereurs
N'arme que la moitié de ses moindres fureurs ;
D'un seul commandement que je fais aux trois Parques,
Je dépeuple l'État des plus heureux monarques ;
Le foudre est mon canon, les destins mes soldats ;
Je couche d'un revers mille ennemis à bas ;
D'un souffle je réduis leurs projets en fumée, ...
CORNEILLE L'Illusion
comique Acte II Scène II
Don César :
Le comte d'Albe, à qui
l'autre mois fut volé
Son beau pourpoint de soie...
Don Salluste.
Eh
bien ?
Don César.
C'est
moi qui l'ai.
Matalobos me l'a donné.
La video : Adaptation de
Jean-Claude Carrière avec Gérard Depardieu (Don
Salluste), Carole Bouquet (la reine), Jacques Weber (Don César),
Xavier Gallais (Ruy Blas), Jacques Sereys (Don Guristan), Anne
Suarez (Casilda)
La métaphore filée :
Don César : Je vis avec les loups, non avec les serpents.
La Reine et le Serpent : Don Salluste
Sitôt que je le vis, je ne vis plus
que lui.
Il venait à pas lents, jouant avec l'étui
D'un poignard dont parfois
j'entrevoyais la lame,
Grave, et m'éblouissant de son regard de flamme.
Soudain il se courba, souple et comme rampant...
Je sentis sur ma main sa bouche de serpent !
Sa lèvre n'était pas comme celle des autres.
C'est la dernière fois que je l'ai vu. Depuis,
J'y pense très souvent.
J'ai bien d'autres ennuis,
C'est égal, je me dis : l'enfer est dans cette âme.
Devant cet homme-là je ne suis qu'une femme.
Dans mes
rêves, la nuit, je rencontre en chemin
Cet effrayant démon qui me baise la main ;
Je vois luire son oeil d'où rayonne la haine ;
Et, comme un noir poison
qui va de veine en veine,
Souvent, jusqu'à mon coeur qui semble se glacer,
Je sens
en longs frissons courir son froid baiser !
Oh ! Le pauvre
héron ! Près de l'eau qui le tente
Il se tient. Il attrape, après un jour d'attente,
Un bonjour, un bonsoir, souvent un mot bien sec,
Et s'en va tout joyeux, cette pâture au bec.
Pauvre femme !
Passer tous ses jours dans la gêne,
Au fond de cette cour insipide ! Et n'avoir
D'autre distraction que le plaisir de voir,
Au bord de ce marais à l'eau dormante et plate,
Un vieux comte amoureux rêvant sur une patte !
Ruy BLAS
La
fleur bleue d'Allemagne : le myosotis (en allemand
"Vergissmeinnicht"="ne m'oublie pas")
"La fleur bleue, objet de toute nostalgie poétique, est invisible et s'épanouit au coeur de toute âme profonde et ardente; elle est elle-même tout à la fois désir et plénitude. Conserver son merveilleux parfum et le faire partager aux autres, voilà la fonction de la poésie romantique. C'est pourquoi cette poésie a toujours été le contraire du classicisme, elle revêt des formes délicates, se cherche des voies silencieuses, car le chemin qui conduit de la première vision jusqu'au poème est long et périlleux. Respect devant la voix de l'éternité, attention profonde au rythme de la vie intérieure, sentiment de communion avec les sources cachées de l'âme : telle est, en son essence, la profession de foi romantique."
La
fleur bleue symbole du romantisme et du néoromantisme
La
Fleur bleue, selon Claude Nougaro
Oh ! Mon
âme au démon ! Je la vendrais pour être
Un des jeunes seigneurs que, de cette fenêtre,
Je vois en ce moment, comme un vivant affront,
Entrer, la plume au feutre et l'orgueil sur le front !
Oui, je me damnerais pour dépouiller ma chaîne,
Et pour pouvoir comme eux m'approcher de la reine
Avec un vêtement qui ne soit pas honteux !
Mais, ô rage ! Être ainsi, près d'elle ! Devant eux !
En livrée ! Un laquais ! Être un laquais pour elle !
- Ayez pitié de moi, mon Dieu !
décor prévu par Victor Hugo :
Décors imaginés par les élèves :
Acte 1: Don Salluste
Ruy
Blas, Jean VILAR et Gérard PHILIPE
Florence
Naugrette : Les mises en scène de Ruy Blas et de Marie Tudor par
Jean Vilar
Lorsqu'on
voit l'invasion des didascalies au début de l'acte I de Ruy
BLAS, on ne peut éviter de penser à la petite note qui
accompagne le préambule de À quoi rêvent
les jeunes filles de MUSSET : "La scène est où l'on voudra".
Ruy BLAS et le
Mythe de Faust : "Oh ! mon âme au démon je la donnerais
pour être ...." et la signature du pacte avec
Méphistophélès (ici Don Salluste, marquis de Finlas) : "
de le servir comme un bon domestique."
Traduction de Faust
par Gérard de NERVAL
Acte II scène 2
v 756 "Oh ! cette main sanglante empreinte sur le mur !"
voir le caractère romanesque de ce passage, et de l'intrigue qui lie Ruy Blas et la Reine
Romanesque
adj.
Ce terme a deux sens bien distincts: Il désigne tout ce qui se
rapporte au roman (ex: genre romanesque)
Mais il peut aussi qualifier tout ce qui rappelle le côté très
sentimental et très aventureux des intrigues de romans faciles.
Se dit d'une personne qui conçoit la vie comme un roman (un
jeune homme très romanesque)
=> prière de la reine : 789 "Vierge ! astre de la mer"
C'est aussi avec
raison que la Mère de Dieu, la Vierge Marie, est appelée
"étoile de la mer". En effet, les navigateurs en
péril sur la mer agitée désirant parvenir à un port
tranquille, se servent des étoiles que Dieu a créées. De
même, si quelqu'un en ce siècle craint de faire naufrage dans
les tempêtes qui menacent son corps et son âme, il doit diriger
le regard de son âme vers cette étoile, car il ne doute pas
d'être libéré de tout danger par ses mérites et sa grâce.
Marie de Nazareth
une curiosité :
l'hymne acadien
Juliette
Drouet voulait jouer le rôle de la reine d'Espagne
Neubourg
: ville d'Allemagne, en Bavière, sur le Danube
Questionnaire
Acte III s 1, 2 et 3
Roméo et Juliette (Roméo et la fiole de poison font penser au dénouement de Ruy Blas)
Alfred de
Vigny avait fait jouer une adaptation de Roméo et juliette en
1829 au théâtre français